dimanche 24 mai 2009

Vidéo de Marrakech à Essaouira

Si vous disposez d'une bonne connexion, n'hésitez pas à cliquer sur HD en bas à droite de la vidéo !

http://www.youtube.com/watch?v=PIfeDXikIHw

samedi 23 mai 2009

Dimanche 10 mai - Retour au "bled"


Nous profitons de cette dernière mâtinée pour faire un tour dans les souks et acheter des objets en bois de Thuya à la coopérative Tamounte.

Vers 11h30, nous partons en grand taxi pour l'aéroport de Marrakech afin de prendre le vol direct de 16h30 pour Lyon. Nous arrivons à l'heure mais nous apprenons que notre vol est retardé d'1 heure … nous prenons notre mal en patience et arrivons vers 23h à Lyon où nous passons plus de 1h30 entre le contrôle des passeports, les bagages, le paiement du parking et l'attente de la navette… De quoi nous faire perdre tout le bénéfice de notre « Maroco Thérapie » …


Plutôt habituée à visiter des pays du nord de l'Europe, j'ai beaucoup apprécié ce voyage qui a été une véritable découverte puisque je n'avais jamais voyagé si loin vers le sud. Les marocains qui parlent presque tous français sont vraiment très accueillants et ont été très attentifs au bon déroulement de notre séjour. Lors de l'excursion dans les arganiers, j'ai pu constater au fil du paysage l'aridité ce cette région et lors de la visite des coopératives féminines, j'ai pu observer les conditions de travail difficiles auxquelles les femmes sont confrontées pour une très faible rémunération. J'ai rencontré des personnes dont le contact a été très enrichissant tant au niveau professionnel que sur le plan humain et j'ai beaucoup aimé faire partager mon expérience sur les signes d'origine et de la qualité, toujours aussi persuadée que les produits de terroirs peuvent aider les populations locales à valoriser leurs savoirs-faire, à préserver leur patrimoine et à résister aux effets de la mondialisation.

Samedi 9 mai - Foire caprine d'Essaouira


La journée a débuté par une conférence à Dar Souiri, l'espace culturel d'Essaouira sur le thème « pourquoi une mobilisation autour des produits de terroirs ? ». André Azoulay, le conseiller de sa Majesté le Roi et président fondateur de l'association Essaouira-Mogador, présidait cette conférence entouré du Gouverneur d'Essaouira, d'un représentant du ministre de l'agriculture, de la DPA d'Essaouira, du Président de « Terroirs et Cultures » et d'un consultant auprès de l'Unesco. A travers leur discours, les intervenants ont délivré des messages très forts mettant en avant tout l'intérêt des produits de terroirs comme levier de développement local et régional.

La conférence s'est poursuivie par l'inauguration et la visite de la foire mettant à l'honneur les produits de terroir de la province d'Essaouira comme l'huile d'olive, l'huile d'argane mais aussi le miel de Haha de la coopérative d'Issafaran aux arômes particuliers de thym et d'arganier.
Manu m'a rejoint pour faire le tour des stands. Dans le cadre du concours de cuisine présidé par le chef de l'Hôtel Sofitel, des femmes ont présenté de magnifiques et certainement délicieuses recettes de tajines à base de chevreau de l'arganier.

Nous sommes ensuite allés déjeuner à l'Hôtel des Iles sur le thème « goûter le terroir » avec l'association des restaurateurs d'Essaouira puis l'après-midi a été consacrée à un séminaire sur le thème du « Chevreau de l'Arganier : Saveur et Trésor » présentant l'état d'avancement du projet de labellisation.

Après un apéritif dînatoire offert dans le très bel Hôtel Atlas situé en bord de mer, la soirée s'est achevée sur la place El Manzeh au rhythme du Malhoune, musique araboandalouse au festival Warshane Slam l'Malhoun d'Essaouira 2009.

Vendredi 8 mai - Atelier d'initiation à l'évaluation sensorielle des viandes


Aujourd'hui, en marge de la Foire Caprine d'Essaouira 2009, j'anime à l'Hôtel des Iles un atelier d'initiation à l'évaluation sensorielle des viandes au profit du noyau du jury national composé de vétérinaires, zootechniciens, qualiticien, sociologue, enseignants, chefs de cuisine etc... Après avoir présenté l'INAO que je représente, j'explique les bases de l'évaluation sensorielle et pour illustrer mes propos je fais déguster des solutions illustrant les saveurs principales que sont le sucré, le salé, l'acide et l'amer. Après avoir donné des explications sur les qualités organoleptiques de la viande, nous poursuivons les exercices avec une dégustation à l'aveugle de trois gigots différents : un chevreau produit sur la zone de l'arganier, un chevreau produit sur une zone de plantes aromatiques et un agneau produit sur une zone de diverses plantes. Afin de respecter la prière du vendredi, nous reprenons nos travaux vers 15h pour commenter la dégustation. Le chevreau élevé sur la zone de l'arganier s'est largement différencié des autres viandes, avec une couleur plus claire, une jutosité, une tendreté et une intensité aromatique très marquée. Nous finissons cette journée par une série d'échanges sur la mise en œuvre pratique de l'évaluation sensorielle pour les viandes. Cette journée s'est terminée par des applaudissements et des remerciements ce qui m'a laissé penser que j'avais bien répondu aux attentes de mon auditoire.

Pendant ce temps, Manu en a profité pour explorer les différents quartiers de la médina , repérer les artisans marqueteurs et monter sur la terrasse du Riad. De retour au Riad, nous sommes allés nous promener dans la Médina pour acheter quelques souvenirs avant de dîner avec les intervenants de la journée du samedi qui venaient d'arriver au Riad.

Jeudi 7 mai - L'arganeraie d'Essaouira


Après un copieux petit déjeuner composé d’un jus d’orange frais, de crêpes, de confitures et de pâtisseries, nous nous rendons avec deux chercheurs de l’Inra de Corte à la DPA (Direction provinciale de l’agriculture d’Essaouira), une sociologue et une zootechnicienne de l'Inra de Statte (Maroc) ainsi qu'un conseiller agricole de Rabat au point de départ d’une visite des arganiers et de plusieurs coopératives féminines entre Essaouira et Agadir. Nous sommes accueillis par le directeur de la DPA puis nous partons pour la coopérative Ajddigue (fleur en berbère) à Tidzi à 25 kms d’Essaouira sur la route d’Agadir.

Cette coopérative a été créée en 1997. Le projet a été réalise par le groupement d’étude et de recherche pour la promotion d’Essaouira (G.E.R.P.E.) avec l’aide du Japon et du Canada et a été inaugurée en 1998. Environ 60 femmes sont adhérentes à la coopérative dont 4 employées et plus de 300 femmes formant des groupes d’encassage.

En 2001, la coopérative a bénéficié d’une subvention du gouvernement Flamand-Belge avec comme objectif, la construction d’un laboratoire, d’un bureau, de deux classes d’alphabétisation, d’une crèche pour les enfants, l’achat d’une seconde presse d’extraction d’huile d’argan et de matériel informatique. En 2005, la coopérative a bénéficié d’une seconde subvention de l’Union Européenne lui permettant de poursuivre sa progression dans la production et la commercialisation des produits de l’arganier.

L’huile d’argane est produite à partir des fruits de l’Arganier, Argania Spinosa, que l’on trouve uniquement dans le Sud Ouest Marocain. C’est un arbre très ancien qui pourrait remonter à l’ère tertiaire. Il couvre 800 000 hectares et ne se plait que dans cette partie semi aride du Haut Atlas. Il joue un rôle écologique important dans le maintien de l’humidité et de la fertilité des sols. Il limite l’avancée du désert et permet le développement d’une agriculture plus rentable. Tous les produits issus de l’arbre sont utilisés : le bois comme combustible, les feuilles, les écorces autour des amendons et les tourteaux servent de nourriture aux animaux, enfin, on extrait l’huile d’argane après cueillette des fruits qui a lieu entre juin et août.

Les amandons légèrement torréfiés donnent l’huile alimentaire à la saveur particulièrement appréciée pour relever les salades, les légumes mais aussi pour accompagner les poissons et parfumer les tajines. L’huile d’argan extraite des amandons non torréfiés est utilisée comme huile cosmétique pour les soins du corps et des cheveux.

La coopérative produit également du « Amlou Beldi », sorte de pâte à tartiner composée d’amandes, de miel et d’huile d’argan pure. Les enfants ont l'habitude de consommer cette pâte avant d'aller à l'école mais vu l'augmentation du prix de l'huile d'argan, les populations se détournent de ce produit qui était une des bases de leur alimentation, ce qui pose tout de même problème pour l'équilibre alimentaire.

Notre jeune guide nous a expliqué les conditions de production de l’huile d’argan, le stockage, le dépulpage, le concassage avant extraction traditionnelle ou extraction mécanique. Nous avons poursuivi les discussions sous une tente autour d’un thé à la menthe tout en dégustant les produits. Il faut environ 30 kilos de fruits pour obtenir 1 litre d’huile d’argan. Actuellement le kilo de fruit est payé 4,5 DH aux apporteurs.

Nous partons ensuite visiter la coopérative féminine Tudert, située sur la commune rurale de Imin’Tlite (environ 40 kms au sud d’Essaouira) orientée vers la collecte, la mise en culture, la transformation et la commercialisation de plantes aromatiques et médicinales (PAM). Cette expérience pilote au niveau national a été crée il y a 18 mois sur un site remarquable qui dispose d’un jardin botanique s’étendant sur 7000 m². Elle a reçu le soutien de la direction du développement et de la coopération suisse (DDC) et l’appui des directions provinciales de l’agriculture. Elle regroupe environ 18 adhérentes.

Nous repartons vers la coopérative Tamounte située également sur la commune rurale d’Imin’Tlite. La commune rurale d’Imin’Tlit est située, au nord du massif d’Amsittène, à 50 km au sud est d’Essaouira. Elle s’étend sur une superficie de 70 km2 et est composée de 9 douars soit 8357 habitants. La population est légèrement dominée par les femmes qui représentent 50,46% de la population totale. Selon les statistiques, 40,55% de la population ont moins de 15 ans. Le taux d’analphabétisme est de 73,17% chez les hommes alors qu’il atteint 98,84% chez les femmes.

L’économie locale se base essentiellement sur l’agriculture, la céréaliculture et l’arboriculture constituent la base de la production agricole orientée vers l’autoconsommation. La région est également caractérisée par la dominance de l’élevage caprin. Ici les terrains sont accidentés et le climat est aride. La productivité et les revenus tirés de l’activité agricole sont faibles du fait du manque d’espèces fourragères et de la faible performance des troupeaux caprins. La production d’huile d’argane est donc une opportunité pour ces populations.

La coopérative Tamounte d’extraction d’huile d’argan a été créée en 2003 et inaugurée par le roi Mohamed VI lui-même. Elle a été créée selon une approche participative impliquant largement les femmes, de l’identification de leurs besoins à la mise en place de la coopérative : elle vise principalement à améliorer les conditions de vie de la femme rurale, à valoriser de manière durable les produits du terroir, dont l’arganier et à intégrer la femme rurale dans le développement local de son douar. A l’intérieur de la coopérative, les enfants viennent déjeuner avec leur mère et une salle de classe est prévue pour les cours d’alphabétisation. Un Ingénieur de la DPA d’Essaouira nous a dit emmener les femmes de la coopérative à la Foire d’Essaouira et qu’elles s’en réjouissaient d'avance.

Avant de rentrer à Essaouira, nous faisons une halte dans un magasin de vente pour « touriste » dont les produits sont transformés à Casablanca. Les tarifs appliqués sont deux fois plus élevés que dans les coopératives de façon à rémunérer les guides… tout cela nous pose pas mal d’interrogations …

Nous rentrons déjeuner à l’hôtel et profitons de l’après-midi pour visiter la médina, nous promener sur la Sakala de la Kasbah qui surplombe l’océan. Fondée pour des fins militaires, elle a conservé une collection de canons de bronze européens qui sont toujours tournée vers l’océan. Nous nous dirigeons vers le port typique d’Essaouira où les barques de pêche bleues rentrent les unes après les autres en déversant leurs caisses sur les quais. Le port est très animé avec les grillades de poisson, le marché, les chantiers de réparation. Il y flotte une sacrée odeur de poisson …

En fin d’après-midi, je me rends à la DPA par le bord de mer pour préparer la journée de formation que je suis venue animer. Il s’agit d’organiser les derniers détails matériels, les documents de travail pour les participants, les échantillons de viande qui seront dégustés. De retour à l’hôtel, rassurée par la bonne organisation, nous passons une très agréable soirée.

Mercredi 6 mai - Marrakech

Vers 4h30 nous sommes réveillés en sursaut par le muezzin qui appel à la prière du matin ; nous n’avions pas réalisé que la mosquée se trouvait à côté du riad… mais nous nous rendormons tout de même… Nous déjeunons de sortes de crêpes et de confitures maison avant de partir visiter la Médina avec Maurice le propriétaire des lieux.

Vieux de huit siècles, les souks furent d’abord le lieu d’activité pour les tisserands et les tanneurs. Peu à peu, différentes activités s’y installèrent. Il y règne une anarchie apparente qui cache une organisation sociale et géographique régie par d’anciennes règles à priori très organisée. Ne disposant que d’une journée à Marrakech, Maurice nous propose de visiter qu’une partie de la Médina en dehors des circuits trop touristiques.

L’activité démarre vers 9 heures du matin, Maurice nous emmène dans les ruelles à la rencontre d’un tailleur de Zelliges. Il s’agit d’une forme d’art typiquement marocain qui fait appel à la technique de la terre cuite émaillée. Le tailleur est assis, les bras en appui sur les genoux devant un socle sur lequel est disposé une tablette de métal ; d’un mouvement continu et précis il détache le fragment, le zellige ne s’écrase pas et les cassures sont nettes, les petits morceaux sont taillés en biseau pour donner sur l’envers une plus grand surface de prise du mortier. Il taille un petit cœur où il grave le « S » de mon prénom.

Ensuite nous allons voir un tourneur sur bois dans un ancien relais de commerce où s’arrêtaient les marchands du temps des caravanes. Nous assistons à une démonstration de cette technique assez rudimentaire utilisant les mêmes gestes qu’au moyen âge, mettant en œuvre un tour plutôt simple alimenté par un mouvement de vas et vient de la main droite. Avec beaucoup de dextérité, le bras guide un archet qui fait tourner le tour et le pied guide un couteau de fabrication artisanale qui va tailler le bois. Au bout de quelques instants, l’artisan me tend un pendentif porte bonheur.

Puis nous continuons notre visite par le souk Lghzal des teinturiers. Au 19ème siècle et jusque dans les années 30, cet endroit fut le principal lieu de production du cuir et de tissage au Maroc. Il reste encore aujourd'hui très actif même s’ils ne restent qu'une dizaine à exercer contre 100 il y a 30 ans. Nous passons devant les échoppes où sont accrochés aux poternes de formidables pelotes. Les écheveaux de laine sont teints dans de gros chaudrons noirs creusés à même la pierre où les teinturiers plongent la laine dans l’eau pigmentée jusqu’à les imprégner de la couleur voulue : amande sauvage pour le vert, pistils de safran pour le jaune, coquillage murex pour le violet, pierre d’edenzigo pour le bleu, coquelicot pour le rouge etc… . Les hommes ont les avant bras aux couleurs des teintures. Le travail est éprouvant entre la maîtrise du feu, le poids des écheveaux, les odeurs et la chaleur … En admiration devant tout ce travail et ces couleurs éclatantes, je repars avec un joli foulard rouge coquelicot !


Puis nous traversons le souk Haddadines (marché de ceux qui travaillent le fer). Au milieu des étincelles et de la fumée, ferronniers et forgerons donnent vie à toutes sortes d’objets en fer forgé. Nous passons dans le souk des babouches, sur la place aux épices, l’ancien marché aux esclaves et arrivons chez un ami de Maurice qui nous invite à monter sur sa terrasse pour avoir une vue des toits de la Médina. Maurice nous explique que les toits servaient plutôt de dépotoirs et qu’ils sont de plus en plus transformés en terrasses pour les riads. Il nous rappelle que la température en été à Marrakech peut monter jusqu'à 65°C° !! Le marchand de tapis nous offre un thé à la menthe et nous présente les tapis de plusieurs provenances et différentes tribus en nous donnant de nombreuses explications. Entre l’ambiance du souk, l’aisance commerciale du marchand, l’originalité, la diversité et les magnifiques couleurs des tapis, nous finissons par marchander un tapis en laine du moyen Atlas que nous faisons livrer au Riad !

Nous rentrons déjeuner une salade composée au Riad puis repartons visiter le Jardin Majorelle qui se trouve à 20 bonnes minutes du Riad à l’extérieur de la Médina.
Jacques Majorelle, fils du célèbre ébéniste français, acquit ce terrain en 1924 qui allait devenir le Jardin Majorelle ouvert au public depuis 1947. Ce jardin a ensuite été acquis par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé. Depuis 2001, le jardin appartient à une société anglaise, The Majorelle Trust, qui a fondé l'Association pour la sauvegarde et le rayonnement du jardin Majorelle, présidée par Pierre Bergé.
Après l’atmosphère des souks et de la ville, cela fait du bien de se promener dans cette oasis de calme et de verdure peuplée de centaines d'espèces de plantes. Nous découvrons des cactus, des bougainvilliers aux couleurs éclatantes, des bananiers, des palmiers, des fougères géantes, et aussi des nénuphars, papyrus et autres plantes aquatiques qui ornent les onze bassins peints comme la villa en bleu majorelle.


Nous rentrons au Riad où un taxi nous attend pour aller à Essaouira. Nous traversons Marrakech et prenons une route bien rectiligne vers l’Ouest. Notre chauffeur est fier d’emprunter une trentaine de kilomètres sur l’autoroute A7 qui lorsqu’elle sera entièrement achevée (en 2010) reliera Casabianca à Agadir en 4 heures ! En attendant, nous avons mis 3 heures (180 kms) pour nous rendre à Essaouira. Nous traversons plusieurs villages assez délabrés mais avec pas mal d’activité. Il y a des contrôles de police dans chaque village. Notre chauffeur commente chaque village que nous traversons, le village des tapis, le village des « Peugeot », de l’usine à Béton, de la production de pastèque etc… il y a beaucoup de champs de blé qui sont encore moissonnés à la faucille puis à 50 kilomètres d’Essaouira, le paysage est plus vallonné et plus verdoyant avec la présence des premiers arganiers : l’arbre magique !
A 20h, nous passons la porte de la Médina d’Essaouira jusqu’à l’Hôtel Riad Al Madina. Il s’agit d’une ancienne maison d’Essaouira construite en 1871 qui suite à sa récente rénovation a conservé beaucoup de charme et d’élégance. Nous sommes accueillis par mon correspondant au Maroc qui nous souhaite la bienvenue à Essaouira et nous explique le programme du lendemain. Nous dînons au restaurant et passons un agréable moment dans le patio du Riad.

Mardi 5 mai - 2000 kms au sud


Nous décollons à 13h45 de l’aéroport de Lyon, après une escale de 2 heures à Casablanca, nous arrivons à 18 heures (2 heures de décalage) à Marrakech, la ville rouge. Il fait 32°C. Nous passons sous le portail électronique de détection thermique (grippe A ?) et faisons la queue pendant 1 heure au contrôle des passeports... pire que pour entrer aux USA .... Nous finissons par récupérer nos bagages et sommes chaleureusement accueillis par Mohamed qui nous attendait patiemment pour nous emmener au Riad Al Nour dans la Médina.
Le contraste avec Charnay est vraiment saisissant. La circulation est intense et personne ne respecte le soit disant code de la route ; le chauffeur nous précise que pour conduire à Marrakech il faut avant tout avoir des freins, un klaxon et quatre paires d’yeux. Nous passons devant la mairie, l'hôtel de la Mimounia en rénovation depuis 2 ans, la Mosquée de la Koutoubia puis nous rentrons dans la Médina par la porte Bab El Raha.
Dès la sortie du taxi, nous sommes sollicités par de jeunes garçons qui proposent de porter les bagages dans leurs chariots mais Mohamed va les décevoir en leur indiquant qu’il nous accompagne à destination. Pour une première fois dans la Médina, il vaut mieux avoir un guide pour apprendre à se repérer… Nous empruntons plusieurs ruelles et arrivons devant la porte du Riad.

Nous pénétrons au sein d’un magnifique havre de paix où nous sommes chaleureusement accueillis avec le traditionnel thé à la menthe. Le patio est joliment aménagé avec au centre deux orangers et deux mandariniers. Nous sommes les seuls hôtes et nous occupons une jolie chambre « Cannelle » au premier étage avec un salon donnant sur le patio. Nous dînons sur place avec au menu un tajine de poulet au citron, des salades de courgettes et d’aubergines épicées puis des fraises à la menthe sauvage. Les propriétaires des lieux Katy et Maurice sont un couple originaire de Lyon, qui après un séjour au Maroc 5 ans plus tôt ont décidé de s’y installer en investissant dans un Riad. A la différence des nombreux autres propriétaires occidentaux de riads, qui résident à Guéliz, la ville nouvelle (très occidentalisée), ils vivent dans la Médina et ont établi de bonnes relations avec des artisans des souks.